ESPACE DELVAUX - 13 ET 14 MARS 2009

Place Keym, 1170 Watermael-Boitsfort / Bus 41-95-96 / Parking gratuit dans la galerie commerçante face à l'Espace Delvaux

ven : 19:30 21:00 / sam : 19:30 - 21:00

Vendredi

L’ENTRETIEN DE RECRUTEMENT

Au commencement du travail était l'entretien d'embauche, un passage obligé pour accéder à l'emploi, une étape à la logique binaire qui sépare les élus des refusés, qui oppose ceux qui ont "gagné" le droit de travailler à ceux qui ne l'ont pas. Dans son film "Die Bewerbung" (Apprendre à se vendre), le cinéaste allemand Harun Farocki met en évidence les disparités de comportement quand il s'agit de se vendre. Par un jeu de procédés cinématographiques alliant ralentis et alternance d'images en couleur et en noir et blanc, il met en perspective ce que les formateurs ont eux-mêmes filmés et souligne ce qu’ils considèrent être des erreurs de présentation. Ici, le film agit comme réflexion sur l’outil caméra qui pointe et dénonce le caractère personnel de chacun. Tous inégaux face au concept d’auto-marketing ? Dans "L'initiation", l’image ne met pas seulement en évidence les attentes normatives des entretiens de sélection, mais révèle le formatage déjà bien établi des jeunes candidats.

Vendredi 13 mars / 19:30

Die Bewerbung - Apprendre à se vendre
(Harun Farocki)

Allemagne / 1997 / Beta SP / vo st-fr. / 60’
Réalisation Harun Farocki / Production Harun Farocki Filmproduktion

"Durant l'été 1996, nous avons filmé des stages où l'on apprend à poser sa candidature pour un emploi. Nous avons filmé des chômeurs de longue durée que l'État poussait à suivre cette formation. Nous avons filmé des managers qui, avec un salaire de 200 000 marks (100 000€) par an, pouvaient se permettre de se payer un formateur privé, de même que les citoyens libres de la Grèce antique étaient initiés à la rhétorique par un esclave domestique. Enseignants, universitaires, chômeurs de longue durée, anciens drogués, managers, tous doivent apprendre à s'offrir eux-mêmes, à se vendre, au nom du self-management. Ce concept n'est peut-être qu'un crochet métaphysique auquel l'identité sociale est suspendue (...).L'entretien d'embauche sert à faire ressortir la personnalité entière du candidat, et non plus seulement ses compétences mesurables, déjà annoncées sur le papier. C'est d'ailleurs l’être humain dans son intégrité qui se sentira accepté ou rejeté. Kafka comparait l’entretien d’embauche à l’entrée au royaume de Dieu, en précisant que pour l’un comme pour l’autre le chemin était incertain (...) Tout comme les fiançailles préparent au mariage, et l'Avent à la naissance du Christ, les stages de préparation à l’entretien d’embauche servent à se préparer à ce cet événement. Un moment important ne durant jamais longtemps, il s’agit de le prolonger en avance, d’aller jusqu’au bout des sensations d’espoir et d’angoisse." H. F.

Entrée : 5 € - 4 € (détenteurs de la carte « S ») – 3,50€ (moins de 26 ans) et 1,25 € (art 27). Le ticket d’entrée donne droit à chaque fois aux deux séances de la soirée.

Vendredi 13 mars / 21:00

L’initiation
(François-Xavier Drouet et Boris Carré)

France / 2008 / DVCam / 63’
Réalisation François-Xavier Drouet et Boris Carré / Production Superlux

Dans un hôtel d’affaires de la banlieue parisienne, les élèves d’une classe préparatoire sont rassemblés pour préparer l’épreuve décisive des concours d’entrée en école de commerce : « l’entretien de personnalité ». Devant un jury issu du monde de l’entreprise, ils auront quarante-cinq minutes pour « donner le meilleur d’eux-mêmes ». Après deux ans à trois ans de lourds sacrifices, la pression est forte. Pendant trois jours, les candidats apprennent à se mettre en scène et à adapter leur discours aux attentes du jury. L’équation est délicate: il faut savoir « se vendre » tout en restant « soi-même ». Le mot d'ordre étant "apprenez à être naturel plutôt que spontané ». Pour les cadres en ressources humaines qui les accompagnent, ce séminaire représente bien plus qu’un entraînement à un examen : c’est une préparation « à la réalité de la vie ». Extrait du dossier de présentation.
La projection sera suivie d’un débat, en présence notamment des réalisateurs du film « L’initiation » et de Jessica Dessy, conseillère en insertion et formatrice pour les ateliers « start » de la Mission locale d’Ixelles.

Entrée : 5 € - 4 € (détenteurs de la carte « S ») – 3,50€(moins de 26 ans) et 1,25 € (art 27). Le ticket d’entrée donne droit à chaque fois aux deux séances de la soirée.


SAMEDI

L’ECONOMIE SOCIALE

Bouffée d'air frais, la soirée du samedi 14 mars abordera la question de l'économie sociale et se demandera ce que, au-delà du salaire, l'individu gagne à travailler. Le réalisateur Eric Smeesters a donné la parole à quelques entrepreneurs belges "pour qui le profit financier n'est pas tout" et fait réfléchir le spectateur sur leurs vérités et leurs questionnements sur le secteur. Dans "Les Fagor et les Brandt", Anne Argouse et Hughes Peyret s'interrogent sur la spécificité des coopératives dans une société désormais globale. Proches des gens qu’ils filment, ils parviennent à mettre en évidence par l'image deux mondes idéologiques qui s'affrontent : le concept de salariés-actionnaires versus le concept de la défense du travailleur par la lutte syndicale

Samedi 14 mars / 19:30

On n’en fera pas l’économie
(Eric Smeesters)

Belgique / 1997 / DVCam / 39'
Réalisation Eric Smeesters / Une co-production SAW-B et GSARA

On n’en fera pas l’économie est un film qui prend le temps. Le temps de distiller un regard profane et salutairement inquisiteur sur l’expérience d’une dizaine d’entrepreneurs pour qui le profit financier n’est pas tout. Les saisissant sans fioriture dans leur bureau, le réalisateur les invite à prendre du recul sur le sens de leur entreprise.
Progressivement, ces témoignages font apparaître à la fois des questionnements et des pistes nouvelles. Tout en revendiquant des finalités particulières (sociales, environnementales, etc.) ils bousculent les poncifs de l’économie sociale traditionnelle.
Extrait du dossier de présentation
La projection sera suivie d’un débat animé par l’Agence Alter, en présence notamment du réalisateur Eric Smeesters.


Entrée : 5 € - 4 € (détenteurs de la carte « S ») – 3,50€ (moins de 26 ans) et 1,25 € (art 27). Le ticket d’entrée donne droit à chaque fois aux deux séances de la soirée.

Samedi 14 mars / 21:00

Les Fagor et les Brandt
(Anne Argouse et Hughes Peyret)

France / 2007 / Beta SP / 53’
Réalisation Anne Argouse et Hughes Peyret / Une coproduction Antoine Martin Productions et Cityzen Télévision

En 2005, l’entreprise espagnole Fagor rachète Brandt et devient un des leaders du secteur de l’électroménager européen. Les salariés français sont inquiets face au plan de restructuration prévu. Mais Fagor n’est pas une entreprise comme les autres, c’est une coopérative. Elire et révoquer ses dirigeants, voter les salaires et la redistribution des bénéfices, c’est le mode de fonctionnement de Fagor, la coopérative phare de la Mondragon Corporacion Cooperativa, le plus grand groupe coopératif du monde, 7ième entreprise d’Espagne.
Les syndicats de Brandt s’organisent sur un principe de lutte pour la défense des travailleurs, quand l’entreprise à laquelle ils s’opposent affiche une organisation de travail démocratique. Les moyens d’action traditionnels des uns semblent inadaptés au mode de fonctionnement des autres, et les salariés de Fagor se font fort de rappeler leur solidarité vis-à-vis des appréhensions de leurs collègues français Deux points de vue aux apparences contraires, mais malgré des modes et moyens d’action fort dissemblables, le langage parlé est-il si différent ?
La projection sera suivie d’un débat en présence des réalisateurs du film. Le débat sera animé par l’Agence Alter.

Entrée : 5 € - 4 € (détenteurs de la carte « S ») – 3,50€(moins de 26 ans) et 1,25 € (art 27). Le ticket d’entrée donne droit à chaque fois aux deux séances de la soirée.