Regards sur le travail, treizième édition !

Le 50ème anniversaire des grandes grèves de l’hiver 1960 vient de rappeler à notre souvenir la force mobilisatrice des combats collectifs. Si loin, si proche, c’est précisement la question des rapports de force et différentes dynamiques du dialogue social que nous retrouvons en fil directeur à une programmation brassant près de quarante ans de cinéma documentaire.

Depuis 13 ans déjà, Le P’tit Ciné interroge le monde professionnel et ses évolutions, lors des rencontres « Regards sur le travail », au cours desquelles nous vous proposons films et débats autour de la question du travail et de ses représentations dans le cinéma documentaire.

Le 27 février, avant première à Bruxelles du nouveau film de Mariana Otero, Entre nos mains, qui conte la lutte de femmes déterminées, prêtes à investir ensemble dans la reprise de leur usine de textile en coopérative et ainsi s’engager pour la sauvegarde de leurs emplois. Le week-end du 11 au 13 mars s’articulera, lui, autour de trois thèmes-clé des relations collectives du travail contemporain: la place faite aux travailleurs immigrés dans nos sociétés (Les hommes debout), les conflits et concertations sociales (Tant que chanteront les constructeurs de navire), ou encore la valorisation de la mémoire ouvrière (à l’occasion d’une table ronde sur le rôle de l’archive et son utilisation dans le cinéma documentaire contemporain).

« Regards sur le travail » c’est aussi notamment des projections de films de patrimoine à la Cinematek. Cette année, un programme établi à l'occasion d'un colloque sur les grèves générales organisé par le Centre d'histoire et de sociologie des gauches (CHSG) et l’Institut Marcel Liebman à l’Université Libre de Bruxelles les 10 et 11 février prochain. Nous vous proposons un saut dans le temps, au tournant de 1970, en compagnie de cinéastes posant regard sur des mouvements de grève interprofessionnels au contenu idéologique opposé : William Klein en Mai 1968 (10 février), témoin engagé d’une France joyeusement étonnée de son audacieuse résistance à un ordre trop établi et Patricio Guzmán filmant à l'inverse un Chili en proie au doute, paralysé par des grèves intersectorielles soutenues, encouragées, par un patronat bien décidé à stopper la politique de nationalisation mise en place par Salvador Allende. (11 février). Cette double programmation sera précédée le 8 février prochain à l'Espace Delvaux d'une rencontre avec Armand Mattelart autour de son film "La spirale", impressionnant montage d’archives audiovisuelles mettant en évidence les stratégies des droits chiliennes pour barrer la route au gouvernement d’Unité Populaire.